UTL. Agro-écologie et développement durable par Marc Dufumier 11 05 15

UTL. Agro-écologie et développement durable par Marc Dufumier le 11 mai 2015

 

« L’agronomie n’aurait jamais dû cesser d’être une agro-écologie soucieuse des écosystèmes » selon Marc Dufumier, agronome et géologue. Devant les membres de l’UTL, le conférencier a mis en valeur les enjeux mondiaux et les solutions à mettre en œuvre.

Il faut nourrir et satisfaire les besoins d’une population mondiale croissante. Elle devrait atteindre 9,5 milliards d’habitants en 2 050. L’agriculture a été encouragée à produire toujours plus, aux moindres coûts, mais avec pour conséquence les méfaits sur la qualité de l’eau et la santé. Aujourd’hui les insecticides et les pesticides menacent les jeunes générations. La recherche de hauts rendements à l’hectare et d’économies d’échelle élimine les variétés locales. Les chercheurs sont encouragés à faire vite pour découvrir des graines moins affectées par les insectes. Les animaux deviennent une simple matière première sélectionnée pour ses rendements. Les agriculteurs endettés sont intégrés dans des systèmes spécialisés dans des monoproductions dont ils ne peuvent s’échapper. L’environnement est sujet à des déséquilibres responsables par exemple des algues vertes.

Une remise en cause nécessaire

Une remise en cause est nécessaire face au réchauffement climatique, aux dérèglements du temps, à la raréfaction des ressources, à l’exode rural et les migrations de plus en plus massives. Or les écosystèmes captent et transforment l’énergie solaire par la photosynthèse stockée dans la biomasse, tout en préservant celle-ci.

L’usage des prairies permanentes, par exemple de ray-grass et de trèfle blanc, augmentera la production de kilocalories, les plantes utilisant le gaz carbonique. Elles ont besoin d’eau par infiltration dans un sol poreux riche en humus, mélange de carbone et d’azote et retenant l’eau. Par exemple, les légumineuses, trèfle, vesce, sainfoin, ainsi que  lentilles vertes, brunes, pois cassés, haricots, flageolets, soja, interceptent l’azote de l’air et fabriquent ainsi des protéines. Elles laissent des résidus azotés pour les plantes à venir. Il faut mettre en œuvre une agriculture économe et savante qui, par le fumier, le compost, les effluents, le phosphore du sous-sol, ainsi que l’action des arbres, fera un usage intensif de ce qui ne coûte rien. Le maintien de haies, de mares, de talus et de bois ne peut être que bénéfique.

 

Des solutions techniques

 

 L’agro forêt, principalement dans les régions tropicales, associe des jardins cultivés et des arbres, telles ces cultures vivrières sous acacias en Afrique ou ces rizières en marge des forêts en Indonésie. Elle évite la dilapidation des ressources forestières qui dégrade le milieu. L’élevage adapté aux différents climats est aussi une source d’enrichissement du sol, tout en facilitant les cultures.

L’agro-écologie peut apporter des solutions techniques pour nourrir l’humanité, en favorisant les circuits courts, en évitant les surproductions, en établissant des accords de partenariat plutôt qu’en cherchant à ruiner le voisin. Le rôle des consommateurs sera décisif dans cette évolution bénéfique, selon Marc Dufumier.

Le débat a porté, entre autres, sur les difficultés à passer d’un système économique à un autre, sur les contraintes de la civilisation urbaine, les concurrences entre Etats, même en Europe, et sur les appropriations de terres, par les grandes puissances asiatiques, en particulier en Afrique.



28/05/2015
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