UTL. Du chêne au roseau : folklore des plantes, des arbres et des jeux buissonniers en Bretagne par Daniel Giraudon, le 28 septembre 2015

Daniel Giraudon, professeur émérite à l’UBO, a fait revivre, le 28 septembre, devant 150 adhérents de l’UTL le monde des campagnes bretonnes où les enfants des fermes et des bourgs se promenaient et jouaient dans ces paysages vivants.

Avant les clôtures électriques, dans ce bocage aux multiples champs entourés de talus verdoyants, les jeunes gardiens de quelques vaches familiales, en profitaient pour explorer l’univers des plantes et des petites bêtes d’avant les pesticides.

Dans ces bandes de jeunes les petites taquineries ne manquaient pas. Coller la longue tige du gaillet gratteron ou les fruits de la bardane sur le dos d’un camarade, glisser du poil à gratter sous sa chemise, lancer des boules de lierre à l’aide d’un tube de sureau, étaient autant de jeux buissonniers très prisés.

 

Un savoir faire

 

Jouer de la musique en soufflant sur une herbe, fabriquer un sifflet en décollant une écorce, faire tourner un moulin au fil d’un ruisseau étaient des preuves d’un savoir-faire mettant en vedette leur auteur. Les filles transformaient les fleurs de coquelicot en poupées, se faisaient des couronnes de feuilles de châtaignier et des bracelets de pâquerettes. Enlever les pétales d’une marguerite, souffler sur une fleur de pissenlit informaient sur l’avenir des amourettes.

Dérober des œufs pour faire des colliers, grimper au sommet d’un peuplier pour dénicher un couple de pies étaient des exploits aujourd’hui proscrits.

Tous ces petits campagnards connaissaient les insectes et les techniques pour s’en amuser. Ils chatouillaient le grillon d’une herbe pour le faire sortir de son trou, organisaient une course d’escargots, jouaient avec une coccinelle sur le doigt.

 

La médecine des plantes

 

La nature offrait un garde-manger dont on faisait parfois profiter les parents : noisettes, châtaignes, noix, myrtilles, noix de terre, mais aussi primevères, fleurs de de chèvrefeuille, oseille sauvage ou faines du hêtre. Quel plaisir à fabriquer un vin de mûres ou un chewing-gum de grains de blé !

La médecine des plantes soignait enfants et adultes. Le plantain frotté calmait une piqure de guêpe. Le nombril de Vénus cicatrisait. La soupe d’ortie purifiait le sang et calmait les rhumatismes. Certaines tisanes avaient la réputation de guérir presque tout. Progressivement la médecine moderne s’est écartée de ces remèdes, faisant confiance à la chimie. On assiste actuellement à un retour à l’herboristerie à nouveau tolérée.

 

Des croyances vivaces

 

Le sentiment du sacré et les croyances étaient vivaces dans cette société rurale. Le légendaire breton opposait les créations de Dieu : escargot, grenouille, abeille, à celles du diable : limace, crapaud, guêpe. Le coquelicot fleur au rouge éclatant, jugée prétentieuse par Dieu, avait subi en punition l’empreinte noire des doigts du diable. Daniel Giraudon, parcourant inlassablement les campagnes, a recueilli depuis cinquante ans ces croyances orales ancrées dans l’histoire des Bretons. Dans plusieurs ouvrages tels : « Insectes et autres bestioles » ; « Sur les chemins de l’Ankou » ; « Du coq à l’âne » il a mis par écrit ces trésors d’une civilisation.



07/10/2015
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