UTL. Excursion sur les traces de la kersantite à l’Hôpital-Camfrout le 3 octobre 2016

 

 UTL. Excursion sur les traces de la kersantite à l’Hôpital-Camfrout le 3 octobre 2016

Après l’assemblée générale à Le Faou, les adhérents de l’UTL des Pays de Châteaulin, Crozon, Le Faou ont visité la carrière de kersantite, à L’Hôpital-Camfrout, dans l’après-midi du 3 octobre 2016, sous la conduite de Jean-René Darboux, géologue à l’UBO.

La carrière du Run sur la rive droite du Camfrout a été creusée dans un filon de kersantite. La roche composée surtout de mica et de feldspath présente un faciès de grains gris bleu ou vert. C’est une roche magmatique appartenant à la famille des lamprophiles. Il y a 280 millions d’années environ, à la fin de l’ère primaire, le magma, moins dense que les roches voisines, est remonté depuis 30 à 50 km en profondeur, par intrusion, à travers des roches sédimentaires plus anciennes. Les filons de taille variant entre 40 m et quelques centimètres de large ont été mis à jour par l’érosion.

C’est le village de Kersanton en Loperhet qui a donné son nom à cette roche aux grains variant en taille et en couleur selon les filons. A l’Hôpial-Camfrout et Logonna-Daoulas, d’autres filons ont été exploités plus à l’aval, à Kerascoet et Rosmorduc.

La kersantite un matériau de choix

La finesse, la couleur et la solidité de la kersantite en ont fait un matériau de choix, plus tendre et plus abrasif que le granite. Dès la Préhistoire, les hommes ont poli des haches de kersantite. Depuis le 15ème siècle, des murs, des porches, des encadrements de vitraux et de multiples statues et sculptures ont été créés pour les églises et calvaires  de la région. Les usages profanes se sont multipliés  jusqu’à la fermeture des carrières : auges, poteaux, tombes, éléments d’habitations et de monuments, phares et quais.

Les outils d’exploitation évoluèrent

La carrière de Run Bras a été vendue en 1973 par la famille Derrien à Monsieur Pierre Sanquer. Elle cessa de fonctionner en 1984. Les outils d’exploitation évoluèrent au cours des siècles. L’utilisation de la poudre noire facilita la chute des blocs. Les grues mécaniques succédèrent aux palans et des machines à vapeur facilitèrent l’élimination de l’eau et le transport sur wagonnets. Les mineurs perçaient la roche à la barre à mine pour installer la poudre et faire tomber les blocs de la paroi. Les piqueurs et fendeurs les débitaient à l’aide de coins. Les polisseurs lissaient la roche à l’aide d’une gueuse de fonte. Les tailleurs de pierre et les sculpteurs achevaient le travail.

Un trou rempli d’eau

Aujourd’hui le groupe des visiteurs a vu un trou rempli d’eau de 40 m de large et de 5 à 10 m de profondeur. Les traces d’exploitation se voient encore sur les parois. Plusieurs sculpteurs comme chaque lundi étaient venus créer des statues dans la kersantite ou le granite. Taillant la pierre au burin et à la massette. Ils paraient ensuite le bloc à la boucharde avant de le sculpter.

Marchant jusqu’à un quai d’embarquement, aujourd’hui délaissé, Jean-René Darboux a évoqué l’étalement des débris gagnant peu à peu sur la rivière puis la construction du quai. L’évacuation des blocs se fit longtemps à bord de sloops à voile de 30 à 40 tonneaux remontant la rivière en fonction de la marée et du vent. Les blocs étaient portés en cale à l’aide d’un mat de charge, de drisses et d’un treuil. Ils étaient transportés le long des côtes françaises, puis pris en charge sur des charrettes et plus tard sur des trains et des camions.

Aujourd’hui la kersantite appartient au patrimoine de la Bretagne. Une association « Dec’h, Hizio ha Warc’hoazh » participe, avec le propriétaire de la carrière, à sa valorisation. Elle organise des visites et facilite la venue de sculpteurs chaque lundi.



12/10/2016
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