UTL. La peur du loup 17 février 2014

UTL : La peur du loup

Depuis le Moyen-âge, les traces du loup ont laissé leur empreinte sur toute la région de Châteaulin. Jean-Jacques Kerdreux, historien et responsable de la revue « Avel Gornog », a su faire revivre, lundi après-midi au Juvénat, devant les adhérents de l’UTL, cette période où le loup battait la campagne.

Qui parle du loup voit sa queue

Dans ce secteur entre Monts d’Arrée et Montagnes Noires, de Carhaix à Crozon, le loup établit ses quartiers, dès le Moyen-Age. Grand coureur, chasseur carnivore à l’odorat développé et aux yeux perçants, il devint l’ennemi des éleveurs inquiets pour leurs troupeaux. Les noms de lieux reflètent cette présence redoutée : « Karreg Blei », le rocher du loup, en presqu’île de Crozon, « Lam ar Blei » le saut du loup plongeant dans l’Aulne pour fuir les chiens à Rosnoên, « Toul ar Bleiz », le piège du loup. Parfois on ne veut pas prononcer le nom du loup car « qui parle du loup voit sa queue ». On le remplace par « Barbaou », le barbu, ou « Guillou », le loup caché.

Les loups se promenaient  dans la ville

Dans les chapelles telles Sainte-Marie du Menez-Hom ou Sainte-Anne la Palud se dressent  les statues hiératiques de Saint-Hervé, l’aveugle guidé par son loup dompté. Les vitraux, comme celui du loup garou satanique à Quéménéven, les retables, tel celui de Locmélar, la chaire de Locronan,témoignent de l’obsession face à cet animal redoutable. A partir du 16ème  siècle, plusieurs ouvrages s’intéressent à ses méfaits. Selon le chanoine Moreau, pendant les guerres de religion, « les loups ne laissèrent dans les villages aucun chien ». A Quimper « les loups se promenaient dans la ville à la nuit faite ». Désolant les campagnes, attaquant parfois les hommes, comme le rapportent plusieurs livres au 19ème siècle, ils profitent des taillis des bords de l’Aulne et des immenses étendues de landes sur les pentes.

La capture de 8 louveteaux

Les archives, la presse et la tradition orale évoquent  cette lutte entre les loups et les paysans, à travers le récit de faits divers. C’est Guillaume le Bris, cultivateur à Kergariou en Plomodiern qui reçoit une prime pour la destruction d’une louve en 1797. Une arrière petite fille d’Alain Le Goff paysan à Coat Garrec en Argol connaît encore, aujourd’hui, 130 ans après, la capture de huit louveteaux par son ancêtre.

 A la fin du 19ème siècle, l’augmentation des primes accélère la traque des loups et favorise leur disparition. Il faudra attendre 1992 pour les revoir au Mercantour.



25/02/2014
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