UTL. Xavier Grall chantre de la Bretagne Par Olivier Macaux 13 06 16

UTL. Xavier Grall chantre de la Bretagne

 

Romancier, poète, chroniqueur, Xavier Grall s’est voulu le chantre de la Bretagne. Olivier Macaux, dans sa conférence lundi au Juvénat, devant les membres de L’UTL, s’est attaché à montrer la richesse d’une oeuvre qui a marqué le 20ème siècle breton, mais pas seulement.

Selon le conférencier, Xavier Grall fut un grand écrivain, avant même son militantisme breton. Né à Landivisiau en 1930 dans une famille catholique qui compta 10 enfants, il fut un enfant turbulent et rebelle puis un adolescent, rejetant la discipline du collège du Kreisker, passionné de Rimbaud, Bernanos et Dostoïevski au collège de la Providence à Saint-Malo. Devenu journaliste diplômé, il fut embauché à « la Vie catholique illustrée » par Georges Hourdin qui le trouvait « charmant mais caractériel ». En 1954-55 il fait un service militaire de 16 mois au Maroc, se marie à Françoise Jousse en 1955 puis est rappelé en Algérie en 1956. Ce fut pour lui une expérience traumatisante dans une ambiance de haine et de racisme. Ses deux premiers grands ouvrages, « Africa Blues» puis « Cantique à Mellila » impressionnent, selon Olivier Macaud, par  le lyrisme tragique, la fulgurance des images et l’ampleur de la phrase.

 

Xavier Grall dans le combat breton

 

Xavier Grall, dans les années 60, s’engage dans le combat breton depuis Paris. Il est influencé par des écrivains, tels Morvan Lebesque, plus tard le poète Yvon Le Menn, et des chanteurs bretons défenseurs d’une Bretagne libérée comme Youenn Gwernig et Alan Stivell. Il participe au lancement de « Bretagne-magasine» aidant Jean Bothorel. Il publie « Le Barde imaginé » en 1965 puis « Keltia blues », véritable pamphlet contre l’Etat français. Il affirme «je suis de ceux qui croient que la révolte vaut mieux que l’indifférence». Il fonde « La Nation bretonne » en 1969, avec son grand ami Glenmor .

 

Le cheval couché

 

 Ne parlant pas la langue, redoutant, selon Olivier Macaud, à confronter sa Bretagne rêvée avec une réalité plus terne, il ne s’établira à Botzulan en Pont-Aven qu’en 1973. Il a publié « La fête de nuit » en 1972, retour du barde Arzel dans sa Bretagne natale. Il entre bientôt dans une violente polémique avec Per Jakez Hélias accusant « Le Cheval d’orgueil », de passéisme et de pessimisme sur l’avenir du breton. En 1977 paraît « le Cheval couché » qui se veut  l’éloge d’une Bretagne vivante.

Solo et autres poèmes

Souffrant d’emphysème, refusant de diminuer sa consommation d’alcool et de tabac, Xavier Grall a une santé de plus en plus précaire. Auteur prolifique, il écrit de nombreuses chroniques pour « La vie » et bâtit une œuvre poétique d’un grand lyrisme, dont la musicalité enthousiasme les lecteurs. Il fait sans cesse référence à Rimbaud, écrivant « Arthur Rimbaud. La marche au soleil ». Après « La sone de pluies et des tombes » en 1976, « Solo est autres poèmes » apparait comme son testament : « Comme la vie était jolie/ Dans ma Bretagne bleue ». La santé de Xavier Grall se détériore rapidement et il meurt à 50 ans en 1981.



17/06/2016
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