Au fil de l'eau, l'homme fortifié, 17, 18, 19 juin 2013

Au fil de l’eau, l’homme fortifié,

De la Rochelle à Rochefort, entre orage et soleil, du 17 au 19 juin, 26 Bretons conduits par Roland, l’artiste du volant, sont montés à l’assaut des fortifications, arsenaux, forts et citadelles érigés depuis des siècles, le long des côtes basses de la Charente.

Une charte de commune dès le 12ème siècle

Au cœur du port de la Rochelle gardé par les tours St Nicolas et de la Chaîne édifiées au 14ème siècle, Maryse Le Goff, avec la verve de son frère conteur, a résumé l’histoire de la ville et de ses maires célèbres. Dotée d’une charte de commune dès le 12ème siècle, elle devint une plaque tournante du grand commerce maritime avec l’Europe du Nord, grâce à son port communiquant directement avec la haute mer. Le sel de Saintonge, le vin d’Aunis et de l’île de Ré s’échangeaient contre des draps, des fourrures, des morues et harengs salés, de la rogue, des outils et bijoux. Dans la ville, protégée très tôt par des remparts encore visibles, le long des rues commerçantes bordées d’arcades s’édifient les hôtels particuliers aux façades calcaires sculptées et décorées. Passée au protestantisme en 1568, la Rochelle est remise sous l’autorité de Louis XIII par Richelieu en 1628 après un siège très éprouvant. Deuxième port négrier après Nantes, La Rochelle décline au 19ème siècle mais fait preuve aujourd’hui d’un beau dynamisme, comptant, à la pointe des Minimes, le 1er port de plaisance de la côte atlantique, offrant à La Pallice un port de commerce accessible quelle que soit la marée et à Chef-de-Baie un port de pêche créé en 1994. L’université est venue renforcer le tourisme et le commerce dans cette agglomération de 80 000 habitants. Aujourd’hui les filles de la Rochelle armeraient un bateau de course au large et participeraient aux Francofolies.

Le tourisme prend le relais des militaires

Avant Rochefort, dans un paysage de marais, de vasières, de côtes basses et d’îles proches, la pointe de Fouras a montré aux voyageurs ses villas, ses parcs à huitres et son fort Vauban. Dès le premier soir, l’ancien magasin des vivres a annoncé la couleur de cette ville militaire orthogonale édifiée à partir de 1666, près de l’arsenal voulu par Colbert le long de la Charente. La technique du radier, plancher de bois sur pilotis, permit de construire la corderie royale longue d’une encablure  (374m). Des fonderies de canons, des formes de radoub et une maison du roi suivirent. Aujourd’hui le chantier de l’Hermione, réplique du bateau qui transporta La Fayette au secours des Etats-Unis d’Amérique en 1780 a redonné vie a cet ensemble, depuis 15 ans. Le tourisme prend de plus en plus le relais des militaires, par exemple le musée de l’école de la médecine maritime, ouverte en 1722, près de l’hôpital, aujourd’hui délaissé, offre des ouvrages rares et des collections anatomiques. Le problème de l’eau potable a été longtemps une plaie. Le percement d’un puits artésien explique les thermes  depuis 1963 mais c’est l’adduction à Thonnay-Charente qui a apporté la solution. Rejouant « les demoiselles de Rochefort » les touristes bretons ont franchi allègrement la Charente dans la nacelle du pont transbordeur, élevé en 1900.

Le souvenir de l’Empereur

A 2km, au milieu des marais, survolée par des cigognes émigrées, la citadelle de Brouage  s’endort doucement derrière ses hauts murs, dans l’attente des touristes. Autrefois port prospère, vendeur de sel renommé vers la Hanse, elle devint une possession de Richelieu qui renforça ses remparts. Champlain partit de Brouage fonder Québec. Mais victime de l’envasement  et de la rivalité des marchands de Rochefort elle sombra dès la fin du siècle et fut transformée en prison.

La descente de la Charente, sous le regard des hérons paisibles, mena les voyageurs devant l’île Madame, l’île d’Oléron puis le fort Boyard, achevé en 1858, dans le pertuis d’Antioche. L’arrivée à l’île d’Aix renforça le souvenir de Napoléon Ier qui voulut en faire un bastion de résistance anti-anglaise. L’empereur  partit d’ici pour Sainte-Hélène le 14 juillet 1815. Il est encore partout présent dans les noms de rues, la maison impériale transformée en musée



01/07/2013
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