"Ces énergies venues de la mer" par Michel Paillard 21 01 2013

 

Michel Paillard, ingénieur et chef de projet à IFREMER Brest, a mis en valeur avec compétence, le lundi 21 janvier au Juvénat, le potentiel des énergies marines en France.

Aujourd’hui la France, dans son bilan énergétique, dépend à plus de 70% du nucléaire. Cependant elle dispose avec ses 11 000 000 km2 de zones économiques exclusives d’un potentiel maritime exceptionnel. Le Grenelle de l’environnement en 2008 puis le Grenelle de la mer en 2009 ont amorcé la prise de conscience sur l’effort nécessaire pour la promotion des énergies renouvelables.

 

Les moyens d’exploitation

 

Les moyens d’exploitation de l’énergie des mers sont variés.

L’énergie marémotrice était déjà utilisée au moulin de Birlot à Brehat au 12ème siècle. Aujourd’hui l’usine de la Rance fait figure de pionnière, assurant 5% de l’électricité française avec une production de 640 GWh/an. Un nouveau concept : « Tidal Lagoon » est mis au point au nord du Pays de Galles, dans un lagon artificiel.

Les éoliennes en mer, posées ou flottantes, bénéficient d’un vent plus fort et plus constant, de plus d’espace et de moins de conflits d’usages que les terrestres. Un projet d’éoliennes flottantes au Croizic et à Groix est étudié par un consortium d’entreprises dont IFREMER (projet Winflo). Cependant  les coûts sont plus élevés qu’à terre. Une usine de construction et de maintenance pourrait voir le jour au Havre, à l’image de « Alpha Ventus » en Allemagne.

L’exploitation de l’énergie des courants tels celui du Fromveur ou de la chaussée de Sein mobilisent les chercheurs. Une hydrolienne de 500 kW est testée dans le site d’essais Paimpol-Bréhat depuis 2006, avant d’être expérimentée dans la baie de Fundy au Canada. L’institut polytechnique de Grenoble fait aussi des essais à Bordeaux, au pied du pont de pierre.

L’énergie des vagues (énergie houlomotrice) devrait être utilisée industriellement à partir de 2020-2030. Elle est particulièrement intéressante pour les îles. Les Anglais sont en avance dans les concepts qui mettent en mouvement de l’air dans des chambres en béton. En France on recense également les colonnes d’eau oscillantes le long des digues. Un autre projet consiste à stocker de l’eau sous  pression à terre et de la turbiner au besoin.

L’utilisation de l’énergie thermique des mers, jouant sur les différences de température  entre la surface et les grandes profondeurs peut être un atout des zones intertropicales. Les Norvégiens étudient également les effets des variations du gradient de salinité (énergie osmotique). IFREMER fait des recherches sur les possibilités de l’énergie de la biomasse algale.

 

Le stockage et les effets

 

Le stockage de l’énergie marine peut se faire en batteries, en supers condensateurs, en supraconducteurs, volants d’inertie, air comprimé et en stations de transfert. Les études doivent prendre en compte les effets sur les paysages et le bruit, les conflits d’usage impliquant par exemple pêcheurs et riverains, les problèmes de transit et d’atterrage ainsi que les tarifs et  la fiscalité.

Aujourd’hui en France quatre zones sont retenues en priorité : Fécamp, Courseulles sur mer, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire. Le Tréport et l’île d’Yeu devraient s’y ajouter en 2013. Les conditions commencent à être réunies pour la création d’une filière industrielle en France. Le projet de la baie de Saint-Brieuc avec 100 éoliennes développant une puissance de 500 MW devrait être mis en service à partir de 2018.



02/02/2013
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