Rapaces et oiseaux nocturnes par Denis Floté le 6 juin 2011

Rapaces et oiseaux nocturnes par Denis Floté le 6 juin 2011

Denis Floté, ornithologue au Parc d’Armorique, a décrit le lundi 6 juin devant 130 membres de l’UTL,  avec la précision d’un homme de terrain, les « laboused noz » dans le périmètre du PNRA.

Les rapaces nocturnes, chouettes et hiboux, peuplent les nuits bretonnes de leur vol silencieux ponctués de chants inquiétants. Ils débarrassent les campagnes de nombreux rongeurs et méritent les  nichoirs installés dans les combles et les hangars pour leur venir en aide.

 

Chez nous, la chouette hulotte est la plus grande de ces rapaces. Avec sa grosse tête ronde aux grands yeux noirs et ses serres puissantes, redoutables même pour les humains trop présents  comme Denis, elle chasse les rongeurs pendant la nuit. Dotée d’une excellente vision elle détecte ses proies plus à l’ouïe qu’à la vue. Avec ses oreilles décalées elle entend dix fois mieux qu’un humain.

Rapace au corps brun et gris, tacheté et rayé, avec une envergure proche du mètre, nichant dans les arbres creux, les vieux nids parfois à terre, elle illustre l’homochromie qui la rend discrète dans les forêts où elle vit. Son chant en deux temps avec un final long et tremblé s’entend jusqu’à un kilomètre. Son but est de marquer et de défendre son territoire.

 

La chouette effraie, la « dame blanche » du haut de ses 34cm arbore un masque facial blanc et capture les petits rongeurs. Elle avale sa proie toute entière et rejette les os dans des pelotes de réjection noires ou grises. Elle pond 5 à 6 œufs à même le sol. Les éclosions s’étalent parfois sur deux semaines. Elle loge dans les clochers, les combles et les greniers.

La chouette chevêche encore plus petite, « Athéna noctua », impressionne par son air irrité lié à ses yeux jaunes enfoncés sous son front bas. On peut la voir le jour perchée sur un poteau ou un mur comme dans l’ancienne école de Trégarvan. Elle se nourrit d’insectes et de petits rongeurs et niche dans les cavités d’arbres ou les bâtiments.

 

Le hibou moyen-duc dresse ses « longues oreilles » qui sont deux aigrettes de plumes rabattues lors du vol. Avec ses yeux jaune-orange, il illustre aussi l’homochromie avec ses couleurs brun-roux, ses taches et ses pointillés. Amateur de campagnols, de mulots et passereaux, il boude les nichoirs, préférant les nids de corneille ou de pie.

 

D’autres oiseaux à vie partielle durant la nuit peuplent les landes, les taillis et les haies. L’engoulevent, un peu plus gros qu’une tourterelle gite au sol ou se perche le long d’une branche avec un camouflage parfait. Avec ses grands yeux et sa bouche démesurée il traque les papillons de nuit. Le rouge-gorge, petit passereau de 13,5cm  des jardins et des talus, avec un plastron orange, chante presque toute l’année dans la nuit en gazouillis assez courts. Le rossignol philomèle, oiseau à queue rousse, se cache volontiers mais fait entendre son chant musical jour et nuit.

Les nichoirs artisanaux, à ouverture calibrée selon les espèces et protections contre les prédateurs, construits par Denis, ont beaucoup intéressés les spectateurs.



09/06/2011
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