UTL - "Le Finistère dans la Grande Guerre" - Patrick Gourlay - le 05 novembre 2018

UTL -  "Le Finistère dans la Grand Guerre" Patrick Gourlay, Professeur d’Histoire et écrivain 

 

Monsieur Gourlay nous invite à changer de regard pour considérer cette guerre : nous tourner vers la Bretagne de «l’arrière» et non vers les champs de bataille. IL fallait aussi gagner la guerre sur le  «champ du travail».

La Bretagne comptait 3 millions d’habitants, la natalité était élevée (plus de 4 enfants par foyer), 43% de la population avait moins de 20 ans. Le pays était essentiellement rural, 28% de la population vivait en ville. Il était républicain depuis 1900 et Brest eut un conseiller municipal socialiste en 1904, celui) ci fut député du Finistère de 1910 à 1936, Emile Goude. Avant le basculement dans la guerre, le climat breton est tendu, Sarajevo est loin et dans les villes ouvrières, les socialistes se mobilisent pour soutenir l’action pacifique du gouvernement. «Serait-ce la guerre civile avant la guerre étrangère ?» se demande Charles Le Goffic.

L’affiche de mobilisation est placardée le 1er août 1914 en plein début de moissons et quelques uns sont surpris. Les hommes partent animés d’un patriotisme défensif, sûrement pas « la fleur au fusil » comme l’annonce la propagande. Dans la population c’est l’union sacrée des socialistes et des catholiques pour défendre la France.  Le clergé encourage la ferveur patriotique : 534 de ses membres seront brancardiers, infirmiers, combattants…

Sur le front naval, la Bretagne est tête de pont du conflit : pour lutter on arme tout type de bateaux, on utilise des dirigeables, des hydravions, des mines américaines anti sous-marines. En 1917, Brest est tête de pont du débarquement américain, les soldats sont installés à Pontanézen, ville moderne américaine, dans la ville. A la fin de la guerre le président Woodrow Wilson passera par Brest.

La société est bouleversée, les femmes ont remplacé les hommes dans les champs et les usines qui «tournent» pour la guerre. La Bretagne est aussi une base sanitaire : écoles, manoirs deviennent annexes d’hôpitaux. Huit cents mille soldats seront soignés en Bretagne. La guerre fait aussi partie de l’enseignement scolaire : Les élèves quêtent pour les besoins, ils suivent les événements sur les champs de bataille en géographie. Quelques uns mentent sur leur âge pour s’engager : le plus jeune poilu de France originaire du Faouët avait 15 ans.

Les premiers signes d’usure apparaissent en 1916, mais après l’échec du Chemin des Dames, cette guerre acceptée avec résignation, se déroulera jusqu’au bout, sans acceptation d’une paix de compromis. C’est une victoire endeuillée que vit la France en 1918.

A partir de 1920, c’est le retour des cercueils en Bretagne : 22% des soldats bretons sont morts (16% en France). Vient le temps de l’érection des monuments aux morts grâce aux subventions municipales, à l’aide de l’Etat et aux souscriptions. On grave aussi des listes de soldats tombés au combat dans les écoles et les églises. L’union sacrée se refait autour du monument aux morts, à quelques exceptions près. Certains monuments sont entourés de trophées de guerre. Deux lieux de mémoire sont créés, l’un à la pointe Saint Matthieu, l’autre à Saint Anne d’Auray.

La première guerre mondiale a laissé des traces dans la mémoire collective.

 

E.G-D

 

 

 



15/11/2018
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